Migrants, pas clandestins !

Depuis le début de la crise, le Front National a toujours rechigné à parler de réfugiés. Il a vaguement consenti à dire migrants. Il revendique désormais de dire clandestins.

Lors des Universités d’été du FN, Marine Le Pen l’avait dit : «il ne vous aura pas échappé que la propagande cherche à imposer les mots dans le but de désarmer l’esprit, les clandestins sont ainsi devenus des migrants et, je vous l’annonce, certains souhaitent systématiquement remplacer le mot migrant qui fait encore trop penser à immigration par l’usage systématique du terme réfugié». Mais c’est Nicolas Bay, secrétaire général du FN, qui l’a dit le plus clairement : «j’utilise le terme de clandestin, car il est le seul qui décrive la réalité ! Ne comptez pas sur moi pour embrayer le pas des bobos qui parlent de migrants ou réfugiés.»

Depuis, le FN s’en tient à cette confusion, jusqu’au grotesque. Exemple, quand le Conseil régional d’Île-de-France vote le plan d’aide d’urgence de la région aux réfugiés, Wallerand de Saint-Just dénonce dans un communiqué «une honteuse subvention de 5,5 millions d’argent public à l’immigration clandestine». Idem quand il est question d’envisager d’utiliser des logements sociaux vacants pour l’accueil de réfugiés, Nicolas Bay (toujours dans un communiqué) s’insurge dans ces termes : «Comment accepter que les 77 000 logements réquisitionnés pour les clandestins ne bénéficient pas en priorité aux Français qui en ont besoin ? »