Loi sur la Fin de vie: pourquoi je me suis abstenue.

La proposition de Loi sur la fin de vie a été adoptée en séance mardi 17 mars 2015. Cette Loi est la traduction législative d’une promesse de campagne du Président François Hollande, qui s’était engagé à prévoir une « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ».

Beaucoup pensaient qu’une aide active à mourir serait mise en place, mais la Loi présentée en séance n’instaure en fait qu’un nouveau droit : la sédation profonde et continue en toute fin de vie, pour pouvoir être « endormi » avant de mourir.

Or, la sédation profonde et continue ne provoque pas forcément la mort du patient. Je regrette donc que le texte de Loi demeure ambigu sur un tel acte médical, certains de nos concitoyens le considérant comme une forme d’euthanasie déguisée, d’autres l’accusant de laisser mourir plus ou moins lentement plutôt que d’aider à mourir.

Le texte comporte heureusement des avancées s’agissant notamment de la reconnaissance du point de vue du patient. Les directives anticipées (consignes écrites concernant la fin de vie) ne seront plus seulement prises en compte par le corps médical mais s’imposeront pour toute décision « d’investigation, d’intervention ou de traitement ».

Les gens devraient avoir le choix, et désigner, le cas échéant, un collège (de 3 personnes par exemple) vers qui le médecin pourra se tourner. Sur un sujet aussi intime et sensible, je pense qu’il convient de respecter les choix de fin de vie de chaque Français, avec des conditions précises, et s’assurer que les autres solutions leur sont accessibles et proposées: des soins palliatifs et l’aide active à mourir, entre autres.

Après cette loi, il faudra encore attendre de nombreuses années avant une nouvelle évolution. On ne peut accepter qu’à la difficulté d’affronter la mort s’ajoute la crainte des circonstances dans laquelle elle est susceptible d’intervenir. C’est en fait, à mon sens, un rendez-vous manqué : je ne peux donc pas voter favorablement, je me suis abstenue.