L’INSERM recommande de limiter la publicité pour la malbouffe à destination des enfants

L’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) recommande, dans une expertise publiée mardi 4 avril, de limiter les publicités destinées aux enfants et qui vantent des produits de mauvaise qualité nutritionnelle.

L’expertise de l’INSERM, « Agir sur les comportements nutritionnels », analyse l’impact du marketing sur les comportements alimentaires ainsi que l’impact des messages sanitaires obligatoires diffusés par les médias de masse (« Mangez 5 fruits et légumes par jour », « Ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé »…)  sur les attitudes, les intentions et les comportements des consommateurs. Les facteurs nutritionnels et l’activité physique jouent en effet un grand rôle dans le développement du surpoids et de l’obésité, ainsi que du diabète, des maladies cardiovasculaires, des cancers…Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 25% des Français et 29% des Françaises pourraient être touchés par l’obésité en 2030 ; le taux actuel d’obésité et de surpoids des enfants se situent respectivement à 8% et 20%.

L’INSERM recommande la mise en place de lois afin de restreindre les actions de marketing alimentaire auxquelles sont exposés les enfants lorsqu’il s’agit de produits de faible ou mauvaise qualité nutritionnelle, que ce soit à la télévision, sur internet, les réseaux sociaux ou encore les applications mobiles. L’institut propose notamment d’interdire les publicités télévisées pour certains produits alimentaires durant les plages horaires visionnées par un nombre important d’enfants.

EnfantTV_twitter-CopieC’est en poursuivant ce même objectif que j’ai fait adopter à l’Assemblée nationale une Loi, définitivement votée en décembre 2016, qui interdit la publicité dans les programmes pour enfants de France Télévisions à partir de 2018, ainsi que 15 minutes avant et après leur diffusion.

L’utilisation de « porte-parole de marque » (sportifs, chanteurs…) devrait également être interdite, selon l’INSERM. L’Institut préconise aussi une évaluation obligatoire et systématique de chaque stratégie de communication avant son lancement. Ces évaluations devront dépendre entièrement d’ « équipes indépendantes de l’industrie agroalimentaire ».

En revanche, les experts de l’INSERM encouragent la diffusion de messages sanitaires et nutritionnels pour améliorer la santé sur tous les supports, notamment à l’aide de personnages de dessin animé ou de personnalités populaires chez les enfants. L’objectif étant bien sûr de capter au maximum leur attention et qu’ils retiennent durablement ces recommandations alimentaires et nutritionnelles.