L’Allemagne pollue plus que la France à cause du charbon ?

Le nucléaire a été évoqué lors du deuxième débat de la primaire de la gauche. Voilà ce qu’en a dit
Vincent Peillon : « Regardez ce qu’il se passe en Allemagne. La sortie du nucléaire amène
l’Allemagne à avoir 30% de plus que nous d’émission de gaz à effet de serre avec le charbon. »
C’est faux.
L’Allemagne n’émet pas 30% de gaz à effet de serre de plus que la France (par habitant – à vérifier? )… mais 50%, d’après les
derniers chiffres de l’Agence européenne de l’environnement.
Il faut noter que le parc industriel allemand est nettement plus important que celui de la France et que l’agriculture allemande continue à augmenter sa production de gaz à effet de serre.

Cet écart ne date pas de l’annonce de la sortie du nucléaire après Fukushima en 2011. Il existe
depuis plus de 15 ans… et on note que les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas explosé en
Allemagne depuis cette date
D’après les données provisoires de l’AEE, elles sont même à un niveau historiquement bas en 2016.

Le nucléaire n’est pas rentable : vrai

Le nucléaire est présenté comme une énergie très bon marché. En réalité, le coût de construction du parc nucléaire s’est élevé à 121 milliards d’euros valeur 2010 et le coût de production du mégawatt heure des réacteurs de la troisième génération (EPR) est de l’ordre de 110€. Dans ces conditions, le nucléaire n’est rentable que s’il est subventionné, et il est plus onéreux que l’éolien et même que le solaire photovoltaïque. La question de la rentabilité de la filière nucléaire est donc très clairement posée.

Pour évaluer le coût du mégawatt/heure nucléaire, la Cour des comptes utilise trois méthodes de calcul estimant ainsi avoir une évaluation plus fiable. Dans son rapport de 2012, le coût du mégawattheure varie ainsi de 33,1 à 49,5 euros. Mais, dès lors que l’on intègre les 55 milliards d’euros pour le « carénage » des centrales (coût évalué à l’époque par EDF, la Cour des Comptes le chiffrant à 100 milliards), ce coût passe de 38,2 à 54,2 euros, et ce sans compter le coût du démantèlement encore inconnu à ce jour.

Autres problèmes à prendre en considération :

la dette d’EDF évaluée à 37 milliards (selon EDF) et les investissements « hasardeux » avec le chantier des EPR britanniques d’Hinkley Point

la nécessité de renflouer Areva à hauteur de plusieurs milliards selon toute vraisemblance

le coût de l’enfouissement à Bure des déchets radioactifs de forte activité, à vie longue estimé à 6 milliards dans les prochaines années

La démographie de la France est une des principales causes du chômage

Vrai

L’accroissement de la population active de la France est supérieur à la moyenne de la zone euro et bien supérieur à l’Allemagne. (+9,6% de 2000 à 2015). Mais les créations d’emplois (+7,6% de postes entre 2000 et 2015) ne suffisent pas à absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Avec un nombre d’habitants constant, la France avoisinerait un de taux de chômage nettement plus faible.

Source : alternatives économiques Déc. 2016

Le recul du départ de l’âge de la retraite aggrave le chômage

Vrai

Entre fin 2011 et 2016, le chômage a continué d’augmenter. En effet le taux d’emploi a progressé de 0,3 % et le taux d’activité de 1,1%. C’est essentiellement le taux d’activité des plus de 50 ans qui a progressé + de 9,9%, ce qui est beaucoup, et a pour conséquence de limiter l’accès à l’emploi des plus jeunes.

Source : alternatives économiques Déc. 2016

Les français ne travaillent pas assez

Faux

Au contraire, les Français sont trop productifs pour favoriser la baisse du chômage. Selon les derniers chiffres de la Commission européenne, chaque français qui occupe un emploi aura produit 80 000 euros de richesse en 2016. C’est 9% de plus qu’un britannique, 11% de plus qu’un allemand, 19% de plus qu’un italien et 25% de plus qu’un japonais. Si nous avions seulement la même « efficacité » que nos voisins allemands, nous aurions de l’ordre de 3 millions de chômeurs en mois.

Source : alternatives économiques Déc. 2016

La France créé des emplois

Vrai !

Entre 1995 et 2015, la France a créé significativement plus d’emplois que la moyenne de la zone Euro et de l’Union européenne, nettement plus que l’Italie, la Pologne, la Suède et le Danemark. Et surtout, plus que l’Allemagne !

Source : alternatives économiques Déc. 2016

Fichier TES : quelle transparence ! 

Le ministre Bernard Cazeneuve a assuré, lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale début novembre, que toutes les garanties avaient été prises. Il a défendu une simplification administrative et le fait que ce fichier baptisé « Titres électroniques sécurisés » (TES)  avait  « été validé par le Conseil d’Etat et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) ».

Pourtant ce méga fichier qui a été autorisé par décret (publié le dimanche 30 octobre durant le week-end de la Toussaint en toute discrétion !), fait l’objet de nombreuses interrogations, notamment concernant les atteintes potentielles aux libertés publiques. Face à ces craintes, Bernard Cazeneuve s’est voulu rassurant mais s’est un peu arrangé avec la vérité.

Dans une lettre au président du Conseil national du numérique (CNNum), organe consultatif qui a demandé la suspension du fichier, le ministre avait écrit que le « projet de décret » de ce fichier a « respecté les étapes du travail interministériel » et qu’il y a eu « débat ».

Le ministre a assuré lundi que ce fichier a été mis en place « dans la transparence ». Tous les ministres concernés en auraient été informés. Sauf que la secrétaire d’Etat au Numérique Axelle Lemaire et le Conseil national du numérique se sont élevés contre la création d’un fichier qui pourrait « conserver les données biométriques de près de 60 millions de Français ».

Le ministre a également assuré que la CNIL a « intégralement validé » ce fichier. Or il s’agit d’un raccourci pour le moins hasardeux puisque la CNIL, si elle a effectivement rendu un avis sur le sujet, a notamment recommandé au gouvernement de saisir le Parlement de cette question et« une évaluation complémentaire du dispositif » .

De vives critiques ont également été émises par des défenseurs des droits de l’homme. Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, a vivement critiqué la création de ce fichier. « Il n’y a aucun recours et aucun contrôle par une instance indépendante. Le gouvernement s’est engagé dans une démarche identique au Patriot Act (une loi antiterroriste adoptée par les Etats-Unis sous George W. Bush, ndlr) », a estimé l’avocat, interrogé par Europe 1.

Finalement, il y a eu un débat à l’Assemblée nationale mais sans vote.