Quatre grandes marques alimentaires adoptent le nouveau système d’étiquetage nutritionnel « Nutri-score »

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BLe Ministère de la Santé a adopté le 15 mars 2017 le système « Nutri-score » comme nouveau système d’étiquetage nutritionnel pour informer les consommateurs sur la valeur nutritionnelle d’un produit (voir l’article qui y est consacré dans ma newsletter de mars 2017).

Quatre grandes marques du secteur de l’agro-alimentaire  (industriels et distributeurs) se sont officiellement engagées, le 27 avril dernier, à adopter le système « Nutri-score » pour leurs produits.

Il faut espérer que ces premiers engagements seront suivis par de nombreux autres, car l’étiquetage nutritionnel simplifié pourra aider les consommateurs à rééquilibrer si nécessaire leur alimentation en évitant par exemple les produits trop gras et trop sucrés. Ils constituent aussi une incitation forte pour les industriels de l’alimentation à améliorer leurs recettes.

Un nouveau système d’étiquetage nutritionnel pour les produits alimentaires en grande distribution

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La ministre de la Santé, Mme Marisol Touraine, a dévoilé ce 15 mars 2017 un nouveau système d’étiquetage nutritionnel afin d’indiquer aux consommateurs la valeur nutritionnelle d’un produit. Prévu dans la Loi de Santé adoptée en décembre 2015, ce nouveau logo pourra être apposé sur les produits alimentaires en grande distribution dès début avril.

Le système « Nutri-score » est un code de 5 couleurs de la couleur A/vert foncé pour le produit le plus favorable sur le plan nutritionnel à la classe E/orange foncé, pour le produit le moins favorable. Les vignettes indiquent donc quels sont les aliments que, d’un point de vue nutritionnel, l’on devrait manger régulièrement, ou occasionnellement et en petite quantité.

AMGROS - CopieIl s’appuie sur le score de Rayner, utilisé au Royaume Uni depuis 2005 pour définir les aliments pour lesquels la publicité auprès d’enfants est interdite. Le Nutri-Score prend en compte les éléments à favoriser (les fibres, les protéines, les fruits et légumes) et ceux à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres et sel). Chaque aliment se voit attribuer des points « négatifs » en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique. Ce score est ensuite minimisé par la teneur en protéines et en fibres.

1 - Copiee

Des expérimentations menées dans plusieurs supermarchés depuis le mois de septembre 2016 ont démontré que ce logo permet aux consommateurs d’être mieux informés et de choisir des aliments sains, moins riches en gras, en sel et en sucre. Dans une même catégorie de produit, il est conçu pour distinguer les bons des mauvais élèves.

Les spécialistes de la nutrition de l’Inserm, à l’origine du Nutri-score, ont étudié 13 000 produits de marque. Si l’on prend l’exemple des chips : la version « classique » obtient la couleur orange, celles au fromage la couleur rouge mais les « tortillas » pourront être en vert car préparées à base de maïs. Il en est de même pour la trentaine de marques de muesli aux pépites de chocolat, ou bien encore la vingtaine de marques de pizzas au fromage dans le commerce, dont les Nutri-Score vont du vert au rouge.

A Grenoble, le professeur Bernard Ruffieux a également publié ce mercredi 15 mars le résultat d’une étude qui indique que ce système d’étiquetage était le plus performant pour un panier d’achat plus sain, notamment pour les consommateurs ayant les revenus les plus faibles.

L’un des objectifs de cette mesure est notamment de lutter contre le surpoids et l’obésité, qui touche 17% de nos concitoyens : elle arrive bien tardivement !

Un rapport de janvier 2014 sur la politique nutritionnelle française, remis à la ministre de la santé par le directeur de l’Equipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) recommandait déjà ce logo. Dommage qu’une fois encore ce gouvernement ait préféré choisir d’être à l’écoute de certains lobbys plutôt que de prendre soin de la santé des Français.

Ainsi, les industriels agro-alimentaires avaient vivement protesté contre ce dispositif qui risquait selon eux de dévaloriser leurs produits et pénaliser leurs ventes, ce qui a retardé l’adoption et la mise en place maintenant imminente de cette nouvelle vignette…qui reste hélas facultative.

Elle est aussi remise en question par l’agence nationale de sécurité sanitaire des aliments (ANSES), qui écrivait, le 14 février 2017, que « les systèmes étudiés, qui intègrent sans distinction et de façon imprécise les besoins spécifiques des différents groupes de population, ne prennent pas en compte l’ensemble des variables pertinentes au regard des enjeux de santé publique liés à l’alimentation » .

L’ANSES sera saisie prochainement par la Ministère de la Santé pour réaliser un avis qui devra tenir compte de ces nouvelles données. D’ici-là, un arrêté ministériel à paraître en avril permettra aux industriels et distributeurs qui le souhaitent de commencer à apposer le Nutri-Score sur l’emballage de leurs produits.