11 janvier 2017- Débat sur les négociations internationales relatives au changement climatique

Matthias Fekl, Secrétaire d’état chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, est intervenu le 11 janvier 2017 lors d’un débat sur les négociations internationales relatives au changement climatique.

Voici ce qu’il a déclaré sur la COP 22, en complément de l’article que j’ai publié sur le sujet en décembre 2016:

Concernant la COP22 à Marrakech :

4 priorités ont été définies :

  • Finaliser l’Accord de paris: garantir l’adhésion de tous les pays et une ratification universelle ; définir les règles et les mécanismes nécessaires à sa mise en œuvre. Comme pour une loi nationale, besoin de décrets d’application. Ce travail sera finalisé l’an prochain (2 ans avant la date prévue).
  • Mise en œuvre des engagements concrets par chaque pays : nécessité de mettre en place des politiques publiques précises pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation aux effets du changement climatique. France : LTE par exemple. Au niveau de l’UE : Etats-membres ont décidé de réduire émissions de 40% en 2030. Finalisation du paquet énergie-climat 2030 espérée pour le mois de février.
  • Préparer le relèvement de l’ambition. Tous les pays se retrouveront en 2018, dans le cadre d’un « dialogue facilitateur », pour dresser un premier bilan des émissions globales au regard des objectifs de long terme de l’Accord. Ce sera une étape essentielle pour relever l’ambition des engagements nationaux et nous rapprocher d’une trajectoire compatible avec la limite des 2 ° C.
  • Continuer à soutenir les engagements portés par la société civile. Ce volet important de l’Accord de Paris est sorti renforcé de la COP22 – c’est une de ses nombreuses réalisations –à la fois parce que de nouvelles alliances politiques et de nouvelles coalitions y ont été formées, mais aussi parce qu’une nouvelle stratégie pour l’avenir de l’Agenda de l’action y a été dévoilée, sous le nouveau nom de « Partenariat de Marrakech pour l’action climatique mondiale ».

Quelques éléments concernant la COP 22 qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016

Cette COP est la suite de la COP 21 et de l’historique Accord de Paris de 2016.

A ce jour, 193 pays (sur 197) ont signé cet Accord et 113 l’ont ratifié. Ensemble ces 113 pays émettent 79% de la totalité des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. Du fait que plus de 55 pays représentant plus de 55% des émissions aient ratifiés l’Accord de Paris : celui-ci entre en vigueur (même si les USA se retiraient, comme ils émettent 18% des gaz à effet de serre, l’Accord de Paris resterait valable). Ces ratifications ont été d’une rapidité exceptionnelle !

On a parfois appelé cet évènement la COP des solutions… On a bien compris que c’est l’ensemble des acteurs : Etats, collectivités locales, entreprises, associations (ONG), citoyens qui devaient faire converger leurs efforts.

Les Etats ont joué leur rôle au niveau diplomatique et se sont engagés à trouver des financements pour la mise en œuvre d’actions dès 2018 (c’était auparavant prévu pour 2020).

Les Pays du Sud ont plus insisté sur la nécessité de l’adaptation, puisqu’ils subissent déjà largement le changement climatique. Ceci grâce au « Fonds d’adaptation ». Les pays développés insistent davantage sur l’atténuation, grâce au « Fonds Verts ».

Les 100 milliards par an nécessaires ne sont pas encore au rendez-vous, on aurait environ 10 milliards de promesse d’argent public.

D’après Pascal Canfin (Directeur du WWF) : « Il nous reste 40 ans pour sortir de l’âge du carbone ». Sinon le réchauffement pourrait être de 4°C, voire plus…ce qui modifierait totalement notre planète et notre façon de vivre.

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Les ONG insistent sur la nécessité d’avoir des plans pour qu’en 2050 chaque Etat ait une économie totalement décarbonée. La Suède et l’Allemagne ont déjà mis en place de tels plans. Pas la France. Il reste beaucoup à faire dans l’Union européenne. La Chine, par exemple, a bien compris la nécessité d’aller vite.

Pour les entreprises : il peut y avoir des opportunités très importantes. Pour l’emploi aussi : les énergies renouvelables fournissent 10 fois plus d’emplois que les énergies fossiles, à production égale…

A noter : la France est en pointe au niveau de la mise en place des outils financiers, comme par exemple des obligations verts souveraines qui verront le jour début 2017 (jusqu’à 9 milliards), cela sera une référence pour les standards mondiaux.

Un regret : l’agriculture n’a pas suffisamment été prise en compte. Alors même que la moitié de la population africaine vit de l’agriculture.

Nous sommes sur le chemin pour réinventer le progrès. Il s’agit d’un changement civilisationnel. Aujourd’hui même, Jean Jouzel du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) nous invitait à appliquer vite l’Accord de Paris et à revoir à la hausse toutes les ambitions pour réduire le changement climatique.