Allocation jungle et RSA

Lundi 6 fevrier, sur RMC, le président de Debout la France s’est désolé des prestations sociales offertes aux migrants de Calais, en inventant une allocation «jungle»… au prix d’une confusion certaine.

Le député doit faire allusion à l’allocation pour demandeur d’asile, dont le montant varie entre 6,8 euros par jour (pour une personne) et 37,4 euros (pour une famille). Mais comme son nom l’indique, elle n’est attribuée qu’aux personnes ayant demandé l’asile. Ce n’est pas une spécificité française : les textes européens exigent des Etats membres qu’ils assurent l’hébergement et la subsistance des demandeurs d’asile. Surtout, contrairement à ce que suggère Nicolas Dupont-Aignan, les migrants de Calais sont loin d’être tous dans ce cas : la majorité veut aller au Royaume-Uni et n’a donc pas l’intention de demander l’asile en France. S’ils finissent par le faire, ils n’ont pas vocation à rester dans la «jungle» : ils seront hébergés dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile ou des structures d’hébergement d’urgence. C’est même pour «vider» la jungle que la France encourage les migrants à faire une demande d’asile.

Nicolas Dupont-Aignan enchaine avec une deuxième intox quand il affirme qu’un demandeur d’asile a le droit au RSA. Seuls les réfugiés reconnus comme tel (ce qui nécessite de longues démarches de la part des demandeurs, 23 % seulement ont reçu un avis favorable en 2015) peuvent y prétendre. Là encore, ce n’est pas une spécificité française : la Convention de Genève stipule qu’ils bénéficient des mêmes prestations sociales que les nationaux.