48ème Foire de Beaucroissant : discours d’inauguration

IMG_2829 - CopieRetrouvez ci-dessous le discours que j’ai prononcé lors de l’inauguration de la 48ème Foire de Beaucroissant, le 15 avril 2017(seul le prononcé fait foi):

« Je suis ravie d’être avec vous pour inaugurer cette 48ème Foire de printemps de la Beaucroissant ; d’autant plus que la météo est de la partie ! Bravo et merci aux organisateurs

Tout d’abord, je voudrai avoir une pensée pour les volaillers qui n’ont pas pu venir en raison des mesures prises à cause de la grippe aviaire.

Je pense à tous les éleveurs de volailles, notamment de plein air, qui sont soumis à des contraintes fortes parfois difficilement compatibles avec le type d’élevage choisi. On ne peut que souhaiter que le risque « grippe aviaire » soit levé au plus vite afin d’éviter qu’un risque sanitaire avéré ne se transforme en catastrophe économique pour une profession.

Cette foire nous permet de rappeler que l’agriculture reste plus que jamais un atout majeur pour notre pays et notre département. Nous en mesurons tous l’importance en termes économique, en termes d’emploi, en termes d’aménagement du territoire mais également en termes de notoriété. Notre département doit beaucoup à ses produits agricoles phares.

Mais nous avons aussi bien conscience des difficultés que connaît la profession agricole. Les cours du lait sont aujourd’hui un peu meilleur mais pas encore satisfaisant. La profession ne ménage pourtant pas sa peine pour promouvoir ses produits, je pense notamment aux producteurs locaux de lait et de Saint-Marcellin qui ont récemment organisé la fête du Saint-Marcellin.

Les décrets d’application de la loi dite « Sapin » concernant la traçabilité des produits laitiers et carnés sont maintenant entrés en vigueur depuis le 1er avril. L’origine de ces aliments est maintenant obligatoire : les entreprises et les enseignes de la grande distribution doivent afficher l’origine de leurs produits à base de viande dès lors que ces matières premières représentent plus de 8 % des ingrédients et à base de lait si le produit en contient plus de 50%.

J’ai souhaité vérifier – de visu – le respect de cette réglementation et me suis tout récemment rendu pour cela dans des grandes surfaces ; je sais également qu’un peu partout en France des représentants agricoles ont fait de même ainsi que les associations de défense des consommateurs.

Le bilan est mitigé : la réglementation est globalement bien respectée mais on peut considérer qu’elle est, en bien des aspects, contournée. Ainsi dans de nombreux plats préparés la présence de viande est curieusement limitée à 7,5%… Il faut également avoir de bons yeux pour trouver les informations recherchées et souvent on doit se contenter pour la viande d’un vague « origine de la viande UE » ou « hors UE ».

Néanmoins, on trouve de plus en plus l’expression « Produit et transformé en France ». La viande, elle, peut porter le label viande de France si l’animal est né, élevé, abattu et transformé en France. Le Made in France fait vendre, c’est une demande des consommateurs et c’est tant mieux !

J’espère que les services de l’Etat, notamment la DGCCRF, vont rapidement initier une campagne de contrôle afin de s’assurer du respect de cette réglementation. Ce serait un signal fort, et attendu, en faveur de nos éleveurs.

Parmi les dernières lois votées à l’Assemblée nationale, il y a la loi relative à la lutte contre l’accaparement des terres et au développement du biocontrôle. Elle a été officiellement promulguée le 20 mars dernier.

Ce texte vise à mieux protéger les terres agricoles de la libéralisation du marché foncier, et à limiter le rachat des terres cultivables par des investisseurs financiers. Ce texte donne davantage d’outils aux Safer. C’est une avancée.

Cette loi favorise également l’utilisation des dispositifs de biocontrôle : c’est à dire l’ensemble des méthodes de protection des cultures basées sur l’utilisation de substances naturelles ou d’organismes vivants. Ces techniques ne sont pas nouvelles, elles sont déjà utilisées dans la cadre de la lutte intégrée que mettent en place, par exemple, les nuciculteurs ou les maraîchers mais elles doivent être soutenues et encouragées.

Car aujourd’hui le monde agricole doit faire face à un double défi : celui de devoir lutter contre un nombre de plus en plus importants de ravageurs, notamment du fait du changement climatique et de la mondialisation des échanges et dans le même temps répondre à une demande sociétale, de plus en plus forte, en faveur du développement des alternatives aux produits phytosanitaires. En ce sens le dispositif de certificat des produits phytosanitaires est un processus gagnant gagnant.

L’Etat et le législateur doivent accompagner la profession notamment par un effort important en matière de recherche. Or, les responsables de la SENURA, la Station d’Expérimentation Nucicole de Rhône-Alpes, m’ont fait part de la baisse très importante de leur budget suite à la baisse des financements de l’Etat : moins 70 000 euros en deux ans. C’est regrettable et nous devons faire pression pour que cela change.

Vous savez que je suis inquiète des conséquences pour les agriculteurs que pourrait avoir le CETA traité signé entre l’Union européenne et le Canada. Avec une centaine de mes collègues députés, nous avons saisis le Conseil constitutionnel car nous pensons que ce traité n’est pas compatible avec la Constitution française. Le Conseil constitutionnel aurait dû rendre sa réponse il y a 3 semaines, il avait 2 mois pour le faire. Il a finalement annoncé le report de sa décision à cet été – ce qui est rare – et semble montrer qu’en effet ce traité pose des problèmes de constitutionnalité.

Je veux ici saluer et rendre hommage à tous les agriculteurs, je sais qu’ils sont très attachés à leur métier dont ils peuvent être fiers et malgré les difficultés les agriculteurs constituent un pilier fondamental pour la vie de notre territoire et bien sûr pour notre vie puisqu’ils nous nourrissent.

Comme vous le savez, c’est la dernière fois que je prends la parole en tant que Députée. En effet, je souhaite passer le flambeau. Avec les agriculteurs et leurs représentants, nous avons bien travaillé ensemble, en bonne intelligence et en toute confiance, je tiens à les en remercier très sincèrement. »