Newsletter – novembre 2014

Mercredi 3 décembre 2014

 A L’ASSEMBLEE NATIONALE

Pourquoi je me suis abstenue sur le Projet de loi de finances 2015

La deuxième partie du Projet de loi de finances pour l’année 2015 a été adopté à l’Assemblée nationale le 18 novembre 2014.

Plutôt que de soutenir l’investissement, le budget proposé par le gouvernement poursuit une politique qui privilégie les allègements d’impôts pour les entreprises (19 milliards d’euros) au détriment des ménages (3 milliards d’euros). Pour empêcher les effets d’aubaine, il aurait au moins fallu cibler le crédit d’impôt recherche (CIR) sur les PME afin d‘éviter que les grands groupes ne le transforment en outil d’optimisation fiscale par exemple. De même, les contreparties, auxquelles les entreprises devront se prêter, sont encore bien trop floues pour celles qui bénéficient du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE).

Ce texte ne répond pas non plus à nos attentes en matière d’écologie. Le budget du ministère est en baisse de 6% (soit 480 millions) en 2015 alors même que la Loi de transition énergétique a été récemment adoptée par l’Assemblée. Comment traduire les objectifs ambitieux de cette loi, notamment en matière d’économies d’énergie, d’isolation des logements, de développement des énergies renouvelables ou de développement des transports collectifs sans disposer de moyens suffisants ? Des amendements appuyés par le gouvernement ont également permis la création d’une nouvelle niche fiscale anti-écologique pour les entreprises les plus consommatrices d’énergie, qui pourront réduire une partie plus importante de leurs intérêts d’emprunt. Un autre amendement allège les taxes sur le transport aérien, notamment une partie de la taxe de solidarité sur les billets d’avion.

Quelques avancées, trop rares, sont à noter cependant :

– la hausse des financements pour le service civique ;

– la prolongation des aides aux communes pour la mise en place de la réforme des rythmes scolaires (sous certaines conditions) ;

– l’augmentation du budget alloué au Crédit d’impôt pour la transition énergétique.

Ce budget ne permet pas d’instaurer une politique plus efficace et plus juste, en faveur des ménages, de l’investissement et de l’écologie. C’est pourquoi, comme la majorité des députés du groupe écologiste, je me suis abstenue sur ce texte de loi.

Mon vote en faveur de la résolution réaffirmant le droit fondamental à l’interruption de grossesse.

J’ai cosigné la résolution qui réaffirme le droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse en France et en Europe et voté en sa faveur, mercredi 26 novembre 2014, à l’occasion des 40 ans de la Loi « Veil » adoptée en 1974. Cette loi représente en effet une avancée majeure pour les droits des femmes et a permis qu’aux difficultés psychologiques que cause un avortement ne s’ajoutent plus des risques juridiques et sanitaires (voyages clandestins à l’étranger, pratiques médicales sordides, etc.).

Aujourd’hui, il convient de rester vigilant et de donner les moyens nécessaires au plein exercice du droit à l’IVG. Les chiffres du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes montrent que 130 établissements pratiquant l’IVG ont été fermés ces dix dernières années. Par ailleurs, certains mouvements exercent des manœuvres et des pressions qui remettent en cause la liberté de choix des femmes : c’est une alerte. Il faut  garantir l’égal accès de toutes à ce droit fondamental que la loi de la République reconnaît mais que nous ne sommes pas toujours capables de garantir dans les faits.

Outre ces exigences, le vote de cette résolution permet de rappeler solennellement notre attachement aux droits conquis face à la résurgence de certains conservatismes.

La résolution portant sur la reconnaissance de l’Etat palestinien

J’ai voté en faveur de la proposition de résolution portant sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine.

Cette résolution constitue un symbole fort, dans un contexte marqué par la reprise des violences et des actes terroristes à Jérusalem ces dernières semaines.

Par  cette résolution, la France veut rappeler le droit d’Israël et de la Palestine à l’existence et à la sécurité. Elle réaffirme également le droit inaliénable du peuple palestinien à se doter d’un Etat, ainsi que l’ont déjà fait 134 pays dans le monde.

Pour retrouver le chemin du dialogue :

côté israélien : la colonisation doit cesser et il faut rouvrir les négociations territoriales sur la base de la délimitation des frontières faite en 1967, seule solution viable pour aboutir à une paix négociée.

– côté palestinien : le Hamas doit renoncer à la destruction de l’Etat d’Israël, un objectif inacceptable, ainsi qu’à la lutte armée. Il ne peut constituer en l’état un interlocuteur crédible. Si la présente résolution indique aux Palestiniens qu’une issue politique est possible, elle ne peut se substituer à eux pour conduire ces transformations intérieures.

Le groupe écologiste aborde donc cette résolution en fixant un cadre, celui du droit, et en proposant une méthode, la seule possible, celle du dialogue et de la négociation.

Projet de loi relatif à la délimitation des régions : les raisons de mon abstention

Le Projet de loi relatif à la délimitation des régions a été adopté en seconde lecture à l’Assemblée nationale, mardi 25 novembre 2014. En cohérence avec mon vote lors de la première lecture, je me suis abstenue; c’est ce que j’avais décidé après avoir pris l’avis des élus régionaux EELV lors de la première lecture.

En effet, le texte présenté en seconde lecture n’a guère évolué, en particulier en ce qui concerne le « droit d’option », c’est-à-dire le droit pour un département de quitter une région pour en rejoindre une autre. Je regrette également un découpage régional précipité, qui manque de réelle cohérence humaine. Il a été très difficile (voire impossible) de dialoguer avec le Ministre Cazeneuve et avec le rapporteur ; cela a été mal vécu par notre groupe. Pour ma part, j’estime avoir à me prononcer sur le fond du texte.

Quant à la question du financement pour les compétences régionales, la prochaine loi « portant nouvelle organisation territoriale de la République » devra apporter des réponses. Ceci pour créer une dynamique et assurer une véritable solidarité et égalité territoriale, un juste équilibre entre les villes et les zones rurales, ainsi qu’une mise en œuvre efficace de la transition écologique; c’est dans ce sens que nous appelons à renforcer le rôle des Régions.

Ce redécoupage aurait dû davantage prendre en compte les identités et les réalités locales pour créer une dynamique et assurer une véritable solidarité et égalité territoriale, un juste équilibre entre les villes et les zones rurales ainsi qu’une mise en œuvre efficace de la transition énergétique.

Mon agenda à l’Assemblée nationale

Du 3 au 9  novembre 2014 : Voyage d’étude au canada avec l’Association parlementaire France-Canada (AIFC) pour rencontrer les députés canadiens membres de l’AIFC et travailler avec eux sur diverses thématiques, notamment l’innovation industrielle et  la recherche au Canada.

1Avec les membres de l’AIFC devant l’entrée d’un centre de recherche médical.

2Lors d’une réunion de travail avec l’AIFC sur l’innovation industrielle et la recherche au Canada.

18 novembre :  – Présentation du rapport de M.Kemiel sur les investissements étrangers en France devant la Commission des affaires économiques.

– Abstention lors du vote de la seconde partie du Projet de loi de finances 2015.

19 novembre : – Réunion de travail avec le groupe La Poste.

– Audition, par la Commission des affaires économiques, du Secrétaire d’état chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, M. Vidalies, à propos de la politique de la pêche.

25 novembre : Commission des affaires économiques :

– Audition de M. Jean-Bernard Lévy en vue de sa nomination à la tête d’EDF.

– Examen pour avis du Projet de loi de finances rectificatives 2014.

– Ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu avec une classe de l’école primaire de Tèche (Isère), qui a visité l’Assemblée nationale ce même jour.

26 novembre : Audition de M. Philippe Knoche, directeur général délégué d’Areva, par la Commission des affaires économiques.

 

27 novembre : Rencontre-débat à l’Assemblée Nationale autour des services au public

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J’ai invité les maires et élus municipaux de la 9ème circonscription de l’Isère à l’Assemblée nationale, jeudi 27 novembre 2014, pour échanger autour de la réforme territoriale en cours et débattre de ses enjeux, plus particulièrement de l’avenir des services aux publics (accès à l’éducation, à la santé, à la Poste, à l’internet très haut-débit etc.).

Monsieur le Directeur adjoint du cabinet de Sylvia Pinel, Ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la ruralité, est intervenu à mes côtés. Devant les élus, il a exposé et expliqué le travail mené par le ministère pour assurer une réelle égalité territoriale et créer une dynamique durable dans nos territoires ruraux. Il a particulièrement développé son propos sur la question des centres-bourgs et leur nécessaire redynamisation ainsi que sur les Maisons de  Services au Public (MSP).

J’ai également convié le député des Hautes-Alpes et maire de l’Argentière La Bessée Joël Giraud afin qu’il puisse évoquer son expérience et son engagement en faveur des MSP. A son initiative, Un « Relais de services publics » (RSP) a en effet été mis en place à l’Argentières, (2800 habitants), permettant aux habitants de la petite ville et des communes environnantes d’accéder en un même lieu à des services et des prestations dans les domaines de l’emploi, des aides sociales, des TIC (Technologies de l’information et de la communication-internet, outils informatiques et multimédias…), de l’accompagnement dans les démarches administratives et de création d’activités ; 55 services au public sont acessibles, essentiellement par visioconférence.

Le RSP a contribué à l’augmentation de la population, avec un sens de l’identité locale affirmée et un nouveau dynamisme économique.  Il s’agit donc d’un vrai projet de territoire qui pourrait profiter à notre circonscription et qui a interpellé les élus présents.

5Dans la cour d’honneur de l’Assemblée nationale, en compagnie de quelques-uns des élus présents à la réunion de travail.

EN  CIRCONSCRIPTION

Réunions publiques de mi-mandat

Expliquer, écouter et débattre

Prendre le temps d’échanger avec mes concitoyens est essentiel. C’est pourquoi j’ai proposé en novembre des réunions de bilan de mandat, avec un sujet d’actualité en plus.

Cette année, j’ai souhaité proposer une thématique différente pour chacune des réunions avec la participation d’intervenants extérieurs pour enrichir les débats.

Transition énergétique à Vinay, le 19 novembre

Après avoir rappelé les grands objectifs de la loi actuellement en cours d’étude au Parlement, j’ai souligné que la transition énergétique était une belle opportunité pour créer des dizaines de milliers d’emplois locaux non délocalisables et pour des innovations, tout en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre et en faisant des économies.

La parole était ensuite donnée à Gaël Derive(1) qui a souligné les enjeux cruciaux liés aux changements climatiques et a affirmé « qu’on dormait mal la nuit » après avoir lu le dernier rapport du GIEC : on se dirige vers un réchauffement de 4 à 5 ° d’ici la fin du siècle. Au-delà de 2° on ne sait pas si le système climatique pourra rester stable ou s’il va s’emballer. Nous sommes en train de créer une planète différente et nous en voyons d’ores et déjà les prémices : montée des eaux et acidification des océans, fonte des calottes polaires…

Nous devons nous engager pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre alors même qu’on annonce 11 milliards d’habitants sur la planète en 2100. Il nous faudra réduire de 40 à 70 % nos émissions d’ici 2050 et devenir « neutre en carbone » en 2100 pour espérer limiter le réchauffement à 2° ; la loi sur la transition énergétique est une première étape pour réagir et s’adapter.

Etienne Masson(2) estime pour sa part qu’il nous faut mieux mettre en valeur les ressources locales, qu’il faut continuer à sensibiliser le public dès le plus jeune âge (c’est le sens du « défi famille à énergie positive »). Actuellement les aides financières (habitat et énergies renouvelables) sont trop compliquées et disparates : crédits d’impôts, éco-prêt à taux zéro, aides de l’ANAH, certificat d’économies d’énergie…Un crédit d’impôt de 30% pour un investissement jusqu’à 16 000 euros sera mis en place pour 2015 avec effet rétroactif au 1er septembre 2014.

Toutes les aides financières sont disponibles sur le site de l’Ageden : http://www.ageden38.org

Pour l’Ageden, les objectifs de la loi sont très intéressants et assez ambitieux. Cependant l’association constate une certaine incohérence sur le plafond de production d’électricité nucléaire et le développement de la voiture électrique. La loi est décevante sur le dossier des déplacements. Les Régions qui seront cheffes de file pour piloter l’économie seront les acteurs privilégiées de la transition énergétique mais disposeront-elle des ressources budgétaires pour cela ?

Pour Jean- Lou Biard(3), la transition énergétique est une véritable opportunité à saisir, bien au-delà d’une simple approche technique, elle devrait permettre à chacun d’être un acteur du changement. Nous devons changer notre regard sur l’énergie qui a pris une place démesurée dans notre mode de vie et prendre pleinement conscience de la finitude des ressources. Au niveau des territoires, les projets TEPOS (Territoire à Energie Positive) permettent d’envisager une indépendance énergétique (ce projet existe pour le Sud Grésivaudan). Il ne s’agit pas pour autant de projets autarciques ni d’un quelconque « retour à la bougie » mais bien d’une mise en réseau, d’échanges et de nouveaux modes de gouvernance qui permettent de s’organiser, de faire vivre le débat démocratique et émerger les solutions positives. Il existe d’ores et déjà un nombre important d’exemples et d’initiatives réussis.

Parmi le public, on notait la présence de Laurent Guilly, Directeur du syndicat mixte Sud Grésivaudan et de Léa Fabre, animatrice du programme TEPOS Sud Grésivaudan. Léa Fabre se tient à la disposition des personnes qui souhaitent en savoir plus (contact au 04 76 38 67 20 et sur le site : www.syndicatmixte.sud-gresivaudan.org).

Cette future loi encourage entre autres les économies d’énergie, les énergies renouvelables, l’économie circulaire ; elle met en place une programmation pluriannuelle de l’énergie et une meilleure gouvernance ; elle fait passer la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 50% d’ici 2025. Nous l’attendions depuis deux ans ! Elle est ambitieuse bien qu’insuffisante dans certains domaines.

  1. Gael DERIVE : docteur ès sciences et expert des questions climatiques, auteur du film « Une planète & une civilisation », son prochain ouvrage paraîtra en janvier aux éditions Indigènes « Nous aurions du rester des singes ! »
  2. Etienne MASSON, Directeur de l’Ageden, Association pour une Gestion Durable de l’Energie en Isère dont la mission est la promotion des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie en Isère
  3. Jean-Lou BIARD consultant au cabinetConseil ASTRE Transition Energ’éthique qui a notamment travaillé avec le Pays Sud Grésivaudan sur l’élaboration d’une candidature à TEPOS

Vieillissement et fin de vie à Voiron, le 21 novembre

6Après une rapide présentation du Projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement, j’ai rappelé que l’engagement n°21 du candidat Hollande en 2012 était le suivant : “Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité.” Actuellement nous sommes dans l’attente de la réalisation de cet engagement qui devrait passer par une nouvelle loi annoncée pour 2015. Aussi ai-je souhaité que l’on puisse débattre du sujet: la législation française est-elle adaptée au respect des demandes des malades en fin de vie, frappés d’une maladie incurable, en situation de détresse et que l’on ne parvient pas ou mal à soulager ?

Marielle Mas, déléguée de l’Association pour le droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) en Isère (1 300 adhérents dans le département, 56 000 en France) a précisé que son association n’était nullement opposée aux soins palliatifs. Tout au contraire, elle souhaite leur développement car seuls 20 % des besoins sont couverts actuellement (contre 95 % en Belgique). Elle demande l’évolution de la loi française sur la fin de vie, notamment en matière de directives anticipées : toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite (appelée « directives anticipées »), afin de préciser ses souhaits quant à sa fin de vie, prévoyant ainsi l’hypothèse où elle ne serait pas, à ce moment-là, en capacité d’exprimer sa volonté. L’association milite pour obtenir la légalisation du suicide médicalement assisté. Les statistiques de l’INED indiquent qu’au moins 5 000 euthanasies sont pratiquées chaque année par les médecins, le plus souvent à l’insu des malades et sans légalité. Selon Mme Mas, si la loi Leonetti (du nom du député qui l’a proposé en 2005) était suffisante, elle serait connue et appliquée, au moins en ce qui concerne l’arrêt de l’acharnement thérapeutique. Le fait que le Président de la République ait demandé à ce même M. Léonetti d’élaborer un rapport ne la rend guère optimiste. Une anecdote : son petit-fils est en 5ème année de médecin et il dit n’avoir encore jamais eu la moindre information sur la façon d’envisager la fin de vie des malades.

Véronique Massonneau, Députée de la Vienne, est l’auteure d’une proposition de loi visant à assurer à chaque patient le droit de mourir dans la dignité. Pour rédiger celle-ci, elle s’est inspirée de son cas personnel (de ses parents en Belgique), a rencontré de nombreux acteurs médicaux, infirmiers et médecins et a participé à de nombreux débats. Partant du constat qu’il n’existe pas une seule solution mais des solutions différentes selon chaque individu, cette proposition inclut la légalisation de l’euthanasie, du suicide médicalement assisté, le développement des soins palliatifs et des ajustements concernant les directives anticipées et la personne de confiance notamment. Il s’agit de respecter au plus près les volontés des malades. Cette proposition de loi devrait être débattue en 2015 à l’Assemblée nationale dans le cadre de la niche écologiste (une journée consacrée aux textes de lois proposés par le groupe écologiste).

Le débat qui a suivi a été dense et riche, parfois vif mais respectueux des opinions de chacun : il a été question de sémantique, certains préférant le terme « interruption de vie volontaire » à celui d’euthanasie. Il fut également question de la gestion des EPAD parfois sous équipés avec un réel manque de moyens humains et financiers, de l’action des infirmières et du personnel en souffrance.

7L’action de l’équipe mobile de soins palliatifs de l’hôpital de Voiron a été présentée : une équipe soignante, spécialisée dans la prise en charge de la douleur, qui accompagne et soutient les personnes malades et leur familles qui en font la demande. Pour la contacter : 04 76 67 14 49 – emsp.secretariat@ch-voiron.fr

Comment mieux vivre dans notre territoire? à Saint-Marcellin, le 28 novembre

8J’ai choisi ce thème pour cette dernière réunion publique car il est en lien avec le caractère essentiellement rural de notre territoire Sud Grésivaudan et avec plusieurs lois votées en 2014 ou à venir en 2015 sur la réforme territoriale.

Pour l’occasion, j’étais accompagnée par Raphaël Gaillard, agriculteur à Saint- Verand installé depuis plus de 10 ans (élevage viande en vente directe), ancien président du comité de territoire Sud Grésivaudan (association qui soutient les productions agricoles du territoire et favorise les synergies entre le milieu agricole et les autres secteurs d’activités) et actuel président du CLD, le Conseil Local de Développement.

Le CLD réunit des citoyens, des acteurs socio-économiques, des responsables d’associations (leur nombre est impressionnant en Sud Grésivaudan selon Raphaël Gaillard), qui souhaitent apporter leur contribution au développement du territoire et être associés à l’élaboration du CDDRA, le Contrat de Développement Durable Rhône-Alpes.

Il est composé d’un bureau de 8 personnes qui se réunit tous les mois. Le CLD propose et donne un avis mais la décision finale revient aux élus du syndicat mixte. Il a récemment travaillé sur le projet Leader qui va être finalement porté conjointement par les territoires des CDDRA Royans-Vercors et Sud Grésivaudan, en association avec le Parc Naturel Régional du Vercors. Selon Raphaël Gaillard, le CLD doit continuer à proposer beaucoup d’informations et à démonter les trop nombreuses idées fausses qui circulent sur notre territoire.

Une des actions fortes du CDDRA : la construction d’un espace-test, à Chatte à côté de l’ESAT du Plantau, qui vient de débuter. On en parle depuis plus de 10 ans, l’ouverture est prévue en avril prochain. L’idée c’est de mettre en place un outil pour les personnes qui ont un projet rural de 2 types : l’agriculture sur des filières nécessitant relativement peu de foncier et d’équipement (maraîchage, petits fruits, petits élevages, apiculture, plantes aromatiques…) et des activités agrirurales plutôt tournées vers les services et l’artisanat. L’espace test devra permettre de s’assurer de la viabilité des projets, il comportera également un espace de stockage de matériel pour les artisans par exemple.

Raphaël Gaillard a insisté sur le fait qu’il nous faut trouver localement un équilibre au niveau du foncier ; les zones habitables et les espaces économiques sont souvent les meilleures terres agricoles, on ne peut seulement produire et cultiver sur les coteaux difficilement accessibles. La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, promulguée en juillet, permet de mettre en place, sur les secteurs où la production agricole est labellisée, des actions de défense du foncier et des mesures de compensation lorsque des terres agricoles sont soustraites à leur vocation première.

Pour ma part j’ai souhaité souligner le rôle positif que devrait avoir le projet TEPOS et que pourrait avoir le lancement d’un PAT, Projet Alimentaire Territorial. Cette idée, les députés écologistes l’ont ardemment défendu lors de l’étude de la loi d’avenir sur l’agriculture. Le projet local Leader l’intègre en promouvant une stratégie alimentaire durable territoriale. Espérons que le dossier déposé par le syndicat mixte soit finalement retenu par la Région. J’ai d’ailleurs co-signé avec Marie-Noëlle Battistel (Députée de la 4ème circonscription de l’Isère) un courrier au Président Queyranne pour apporter tout mon soutien à cette initiative.

Enfin j’ai souhaité insister sur les services au public en milieu rural : accès aux soins médicaux, La Poste… dans le prolongement de la rencontre à l’Assemblée nationale proposée sur ce thème (voir plus haut).

Juste avant de proposer cette réunion publique, j’ai rencontré les maires des communes d’Izeaux et de Saint-Hilaire du Rosier qui m’ont interpellé sur les menaces qui pèsent sur leurs bureaux de Poste. Ces communes sont « invités » à transformer leur bureau de Poste de plein exercice en APC, Agence Postale Communale (gérée par la commune avec une indemnisation de la Poste) ou en RPC Relai Poste Communal (géré par un commerçant de la commune).

Or, la transformation d’un bureau de Poste en APC ou en RPC n’est pas neutre en termes de services, d’emplois et pour les finances communales, les compensations financières ne couvrant pas le coût complet du maintien d’une présence postale et l’engagement de la Poste n’étant pas pérenne dans le temps. Pour ces bureaux, des réductions d’horaires ou des transformations en APC / RPC ne sont souhaités ni par les élus municipaux ni par les usagers.

Je rappelle qu’en contrepartie de cette présence territoriale, la Poste bénéficie de certains avantages fiscaux ; elle bénéficie aussi largement du « Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi » (CICE). Très attachée à la présence postale, pleine et entière, sur nos territoires ruraux, je m’étonne de cet état de fait qui est en contradiction avec le discours des responsables nationaux de la Poste. En effet, j’ai rencontré le 19 novembre dernier au siège social de la Poste à Paris, plusieurs responsables de la Poste, dont M. Philippe WAHL, Président Directeur Général, pour une présentation du plan stratégique du Groupe.

Lors de cette rencontre, j’ai fait état de la situation en Isère. Selon M. Philippe Bajou (Directeur général adjoint du Groupe La Poste) « La Poste est en train de sortir du système APC / RPC ». Il nous a été également clairement indiqué que la nouvelle orientation du groupe était de maintenir les bureaux de Poste, même les plus petits, grâce notamment au dispositif « facteurs-guichetiers » qui permet à un agent de partager son temps de travail entre la distribution du courrier et la tenue du guichet postal. M. WAHL nous a affirmé qu’il était prévu de développer des services complémentaires en transformant les guichets postaux en « Maisons de Services au Public » dans lesquelles plusieurs services seraient rassemblés et proposés.

J’adhère pleinement à ces objectifs affichés ; le réseau de bureaux de poste existants est une richesse certaine à préserver ; l’amélioration des services au public, particulièrement dans les territoires ruraux, est une nécessité pour le développement de l’économie et pour satisfaire les besoins des citoyens.

Mon agenda en circonscription

7 novembre : – Permanence en mairie de Voiron.

– Permanence en mairie de Voreppe.

8 novembre : Permanence en mairie de Saint-Marcellin.

10 novembre : Inauguration de la Foire de Saint-Martin à Voiron.

11 novembre : Journée de commémoration:

– à Chantesse, avec Madame le Maire et les enfants de l’école pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale (photo ci-dessous).

9– à Saint-Marcellin, ensuite, afin de déposer une couronne de fleurs devant le monument aux morts de la ville (photo ci-dessous).

10– à Saint-Aupre, où se tenait une exposition sur la Grande Guerre réalisée en commun avec Saint-Nicolas de Macherin et Saint-Étienne de Crosset.

13 novembre : Visite du site de l’espace-test agroéconomique près des sites du Planteau à Chatte.

16 novembre : – Manifestation contre le projet Center Parcs en compagnie d’autres élus (photo ci-dessous).

12

– Assemblée générale de la FNACA (comité de la Sure-Voironnais), en présence de Mme la Maire de Chirens et Mme la Conseillère régionale Arlette Gervasi.

17 novembre : –  A Valence, la présentation par l’IRSN (Institut de Radioprotection de la Sûreté Nucléaire) de la stratégie de surveillance radiologique de l’environnement de la vallée de la Rhône à l’INEED, à Valence.

19 novembre : – Réunion publique « Quelle transition énergétique chez moi au quotidien ? » à Vinay, avec Gaël Derive et Jean-Loup Biard, du cabinet Astre Transition Energ’éthique et Etienne Masson, directeur de l’Association pour une Gestion Durable de l’Energie (AGEDEN).

21 novembre : – Réunion publique : « Vieillissement et fin de vie, quel accompagnement » à Voiron, avec les participations de Véronique Massoneau, Députée EELV et auteure d’un projet de loi sur le sujet et Marielle Mas, de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité-Isère.

28 novembre : – Permanence en mairie de Tullins.

– Réunion sur la Poste avec les maires d’Izeaux et de Saint-Hilaire du Rosier (photo ci-dessous)

13

– Réunion publique « Comment mieux vivre dans notre territoire ? » à Saint-Marcellin, Raphaël Gaillard, Président du Conseil Local du Développement du Pays du Sud-Grésivaudan.

29 novembre : Présence à l’Assemblée Générale du club sportif « CMI » à Tullins.